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Tenir la dragée haute

Publié le 28 septembre 2007 par ONLINE-FRENCH-CLASSES.com

Commençons par le commencement.

Une dragée est une friandise, une sorte de bonbon, constituée d'une amande recouverte d'une couche de sucre durçi, qui est offerte principalement à l'occasion d'un baptême et parfois d'un mariage. Dans le cas d'un baptême, les dragées sont offertes conjointement par le parrain et la marraine du ou de la baptisée, et offertes à tous les invités à la céremonie, et plus largement, à tous les amis de la famille

"Tenir la dragée haute" veut dire "maintenir quelqu'un en état d'infériorité pour mieux en tirer un profit". Il suffit en effet d'imaginer la relation établie entre celui qui exhibe une dragée suffisamment à distance de sa victime bien incapable de s'en saisir, et qui doit implorer pour finalement l'obtenir.

On dira par exemple : L'équipe d'Italie a tenu la dragée haute à l'équipe d'Angleterre, avant d'être finalement battue 8 buts à 7.



Oraisons funèbres

Publié le 21 septembre 2007 par ONLINE-FRENCH-CLASSES.com

La mort d'une personnalité nourrit la radio et la télévision des témoignages de ceux qui' l'ont connu et peut-être aimé.

L'idée est de mieux faire connaître le défunt au moment même où il est par nature impossible de le connaître. C'était quelqu'un de remarquable. Bien fait pour vous, vous ne le rencontrerez jamais.

Mieux encore. Jusqu'à son passage, il ou elle pouvait être vilipendé pour toutes sortes de motifs personnels ou professionnels. Les voici en route pour l' éternité, et ils deviennent instantanément des gens merveilleux, sensibles, qui ont beaucoup souffert des attaques qui leur ont été faites.

Que penserait, s'il le pouvait encore, l' « à peine tiède » des compliments visqueux sussurrés par d'obscures dindons qui tirent leur minute de gloire du récit de leur fréquentation éphémère du grand homme.

Première conclusion. N'attendons plus la mort d'autrui pour « l'oraisonner » . Encensons-nous les uns les autres de notre vivant.

Ce système permettrait d'ailleurs à l'être honoré de mettre clairement son poing sur le nez de ceux de ces zélateurs qui lui attribueraient des qualités ou des traits de caractère qu'il juge indignes ou honteux, tout en ignorant ce qu'il considère être ses hauts faits et ses réussites.

Prenons un exemple. Tel cuisinier se verrait félicité pour sa mousse au chocolat, alors que la grande fierté de sa vie aura été sa tête de veau aux cornichons. Il pourrait donc renverser la première sur la tête du crétin laudatif qui n'aurait rien compris à son talent.

Courtisan deviendrait alors une occupation risquée demandant jugement et discernement.



L'universitaire et le goujon

Publié le 7 septembre 2007 par ONLINE-FRENCH-CLASSES.com

Un petit reportage de la télévision nous contait le loisir d'un universitaire qui venait trouver la paix dans les cours d'eau à truite.

Que faîtes-vous là, Monsieur ? Je viens me débarrasser de mon stress dans cette nature paisible, disait-il tandis qu'il extirpait l'hameçon de la gueule d'un poisson.

Où le poisson devra-t-il aller pour se débarrasser du stress qu'il était en train de subir des mains de l'amoureux de la nature ?

A l'université, peut-être car on y baille, on y baille.



Les gaillards

Publié le 31 août 2007 par ONLINE-FRENCH-CLASSES.com

La télévision nous offre actuellement et en direct des retransmissions de lutte en plein air. Ce sport est largement pratiqué dans le monde celte, la Bretagne, l' Ecosse et probablement bien d'autres endroits que j'ignore.

Les règles sont simples. Deux hommes, car je n'y ai pas vu de femmes, s'étreignent et se saisissent du caleçon ad hoc que porte leur adversaire et tentent de le faire culbuter sur les épaules dans la sciure le premier.

Cette ardeur m'émeut et m'enthousiasme.

Nos ancêtres de première génération ne pouvaient pas ne pas pratiquer ce sport, qui à l' époque n' en était peut-être pas un, mais le plus sûr moyen d'obtenir la femme, le mammouth, la caverne les plus convoités. En un mot, de réussir socialement. Alors pourquoi des lustres plus tard de jeunes gaillards immatriculés aux assurances sociales abandonnent-ils femmes, enfants et playstation pour se colleter de bon matin avec leurs semblables ?

Par tradition, sans doute. Leurs pères l'ont fait après leurs grands-pères, et ainsi de suite. Ce qui est touchant c'est que ces manifestations sont foncièrement humanistes. Ces combats sont de courtoisie. On s'affronte pour le souvenir éternel qu' on en gardera. On appartient à une famille, à un village où vivent les amis. Un tel, le fils d'un tel, a battu un tel l'année de la sécheresse. Trois ans plus tard celui-ci prit sa revanche.

On se voit, on se salue, on se parle.

Ces gaillards sont immortels.



Je rebroussais chemin un peu dépité ...

Publié le 24 août 2007 par ONLINE-FRENCH-CLASSES.com

Je rebroussais chemin un peu dépité de ne pas avoir eu la volonté de mener à bien cette randonnée jusqu'à son terme, de m'être laissé impressionner par le chemin bordé d'un côté par le rocher et de l' autre par le vide. Certainement par lâcheté, je me sentais soulagé d'avoir fait demi-tour, quand mon chemin croisa celui d'un homme dont l'allure générale et le pas calme suggéraient l'amabilité. Je pris prétexte de ma mésaventure pour l'interpeller, lui demandant si le chemin qui m'avait rebuté était véritablement dangereux. Il s'arrêta et suggéra avec élégance que ce chemin ne présentait pas le moindre risque pour qui sait mettre un pas devant l'autre. Puis pour ne pas laisser le temps à la honte de m'envahir, il montra du bout de sa canne un chemin menant au même endroit, qui lui était dangereux, bien que personne n'y ai à ce jour trouvé la mort. Je pensai que ce serait vraisemblablement moi le premier.

La fugacité de la rencontre confinant à l'anonymat, il déroula le fil de sa vie. Il avait passé quatre-vingts ans. Il skiait et jouait toujours au tennis. Il avait été professeur de tennis essentiellement parce qu'il était le seul de son village à parler anglais et que son médecin lui avait ordonné de quitter la comptabilité, son premier métier, qui le rendait neurasthénique. Pour ne pas perdre ses relations, chaque hiver il ouvrait son commerce de location de skis, au grand dam de son épouse qui voulait qu'il se repose.

Combien de temps cela durerait-il encore? Tant qu'il serait en forme. Et pour l'après, il ne voulait pas y penser.

C'était un homme qui marchait paisiblement et s'arrêterait là-bas dans la clairière et y regarderait s'envoler les parapentes.